Diminution historique de l'artificialisation des sols en Île-de-France

Instructions

L'Île-de-France connaît un ralentissement sans précédent dans l'expansion de ses zones bâties, atteignant le niveau le plus bas d'artificialisation des sols depuis plus de quatre décennies. Cette évolution est le fruit d'une politique environnementale volontariste et d'une conjoncture économique qui a freiné la construction. La région se conforme ainsi aux directives nationales et locales pour une gestion plus durable de son territoire.

Le phénomène de "zéro artificialisation nette" progresse, illustré par une réduction significative de la transformation des espaces naturels, agricoles et forestiers. Cette prouesse régionale, unique en France, est en grande partie due à une stratégie d'urbanisme axée sur le renouvellement des infrastructures existantes, plutôt que sur l'étalement urbain, tout en répondant aux besoins de développement économique.

Frein à l'expansion urbaine en Île-de-France

L'urbanisation en Île-de-France a connu un ralentissement historique entre 2021 et 2025, marquant la période la plus faible d'expansion des surfaces urbanisées depuis plus de quarante ans. Cette tendance est conforme à la mise en œuvre du principe de «zéro artificialisation nette». Durant cette période, la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers s'est limitée à une moyenne de 554 hectares par an, un chiffre inédit depuis 1982, année de la mise en place de l'outil de suivi de l'occupation des sols.

Par rapport à la décennie précédente (2012-2021), la consommation d'espaces a diminué de 28 %. Cette baisse atteint même 39 % si l'on exclut les grands projets d'infrastructures comme le Grand Paris Express et la ligne ferroviaire Roissy-Picardie. Cette performance place l'Île-de-France en adéquation avec les objectifs fixés par la loi Climat et Résilience de 2021, qui vise une réduction de moitié de l'artificialisation d'ici 2031 par rapport à la décennie précédente. Le ralentissement général de la construction, dû à la crise immobilière et à la hausse des taux d'intérêt, a également contribué à cette diminution.

Une stratégie d'urbanisme unique et prometteuse

La région Île-de-France se distingue par une approche singulière en matière de gestion des sols. En 2025, les espaces agricoles constituaient 49% du sol francilien, et les bois et forêts 23%, tandis que l'habitat ne représentait que 9% de la surface consommée. L'Institut Paris Région souligne que, depuis plus de quinze ans, le développement urbain francilien s'appuie principalement sur le renouvellement des zones existantes plutôt que sur leur extension. Près de 4 000 hectares d'espaces urbanisés ont changé d'usage, un volume bien supérieur à la consommation de nouveaux espaces naturels, agricoles et forestiers.

Malgré cette tendance positive, l'artificialisation des sols persiste, touchant principalement les activités économiques, telles que les entrepôts, les commerces et les bureaux, qui représentent 20 % des surfaces consommées. Cette situation est une particularité de l'Île-de-France, car dans le reste de la France, c'est l'habitat qui reste le principal moteur de la consommation d'espace. Cette stratégie d'urbanisme, axée sur le renouvellement et la densification des zones existantes, permet à la région de respecter ses engagements environnementaux et de maîtriser son développement territorial de manière durable, tout en répondant aux besoins de l'économie locale.

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