Un exploit inouï : Le premier BASE jump depuis le Fitz Roy en Patagonie

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Cet article retrace l'épopée de trois alpinistes-sauteurs russes qui ont accompli un exploit sans précédent : le premier BASE jump depuis le majestueux Fitz Roy, niché au cœur de la Patagonie. Une aventure vertigineuse mêlant escalade ardue, météo capricieuse et une audace incommensurable.

L'audace prend son envol : Conquérir le ciel depuis les sommets patagoniens

L'exploit historique du Fitz Roy : Une première mondiale dans les annales des sports extrêmes

Le 7 janvier 2026 restera gravé dans l'histoire de l'alpinisme et du BASE jump. Ce jour-là, Boris Egorov, Vladimir Murzaev et Konstantin Yaemurd, trois alpinistes chevronnés originaires de Russie, ont réalisé une prouesse inédite en effectuant le tout premier BASE jump depuis le Fitz Roy, également connu sous le nom de Cerro Chaltén, en Patagonie. Egorov lui-même nous relate les détails de cette extraordinaire expédition.

La Patagonie, un terrain de jeu familier pour les audacieux

Notre équipe a une longue histoire avec la Patagonie, y revenant presque chaque année. Par le passé, nous avons déjà réalisé des sauts audacieux, notamment depuis le Cerro Torre, à mi-hauteur de sa face sud, ainsi que depuis les cimes du Mojón Rojo, de l'Aguja de l'S, du Guillamet et du Saint Exupéry. Bien que le sommet du Cerro Torre demeure notre objectif ultime, nous restons toujours ouverts à de nouvelles possibilités de sauts.

Une fenêtre météorologique tant attendue et une voie stratégique

Durant cette saison, nous avons patienté un mois entier à El Chaltén, espérant une accalmie météorologique propice à notre ascension. Cette fenêtre tant convoitée s'est finalement ouverte au début du mois de janvier. Face à ces conditions favorables, nous avons pris la décision de nous lancer à l'assaut du Fitz Roy. Notre choix s'est porté sur la voie nommée "Quinte royale", située sur la face est de la montagne, car elle offrait le chemin le plus direct vers le point de départ de notre saut. Nous sommes immensément reconnaissants envers Rolando Garibotti, qui nous a précieusement indiqué ce point de sortie sur une photographie.

L'équipe d'expédition : Une collaboration fortuite sur les hauteurs

Notre groupe d'escalade et de saut était initialement composé de trois membres : moi-même, Vladimir Murzaev et Konstantin Jäämurd. Konstantin avait déjà gravi le Fitz Roy avec succès une décennie auparavant, empruntant la voie "Mat et Porro", tandis que j'avais tenté, sans succès, la voie "Franco-argentin". Pour cette nouvelle aventure, nous avons également été rejoints par notre ami Ilya Kull.

Rencontre inattendue et synergie en altitude : La force de l'union

Au petit matin, avant même que nous n'entamions notre ascension, deux alpinistes américains, Will Fazio et Zach Dreher, nous ont devancés, s'engageant sur la même ligne. Leur ambition était de compléter le parcours en une seule journée, mais la tâche s'est avérée plus exigeante que prévu, tant pour eux que pour nous. Nous les avons retrouvés à la fin de notre première journée d'escalade, sur une vire après la quatorzième longueur. À cet instant, nous avons décidé d'unir nos forces et de poursuivre l'expédition en une seule équipe. Nous avons partagé nos provisions et notre espace de tente, ils prenaient la tête des longueurs tandis que nous nous concentrions sur le transport de l'équipement.

Les jours d'ascension : Vers le point de non-retour

Nous avons passé une seconde journée sur cette vire, et le lendemain, marquant notre troisième jour sur la paroi, nous avons achevé l'intégralité de la section verticale. Nous nous sommes endormis tard dans la nuit, et au réveil, le 7 janvier, nous avons réalisé que nous étions idéalement positionnés, à seulement une quinzaine de mètres de la zone de saut que nous avions identifiée sur la photo. Situés à environ 300 mètres du sommet, et avec des conditions météorologiques parfaites, la décision était prise : nous allions sauter.

Le grand saut et la logistique du retour : Une descente mémorable

Pendant que nous nous préparions au saut, Ilya, Will et Zach ont poursuivi leur chemin vers le sommet avant d'amorcer leur descente par la voie "Franco-argentin", atteignant le camp de base sur le glacier au beau milieu de la nuit. Nos amis nous ont rendu un immense service en transportant presque tout notre équipement lourd et précieux. Cela a été une aide considérable, nous permettant de sauter avec une liberté inédite, sans le poids du matériel sous nos combinaisons. Nous avions également déposé une partie de notre équipement dans un sac de transport confectionné à la main. Malheureusement, il nous a été impossible de repérer son point de chute. Mes recherches avec un drone après mon atterrissage se sont avérées infructueuses ; il est possible qu'il ait glissé dans une crevasse.

L'expérience du vol : Une symphonie aérienne au-dessus de la Patagonie

Konstantin et Vladimir, vêtus de leurs combinaisons de wingsuit, ont atterri au niveau de la forêt. Quant à moi, j'ai opté pour une combinaison de suivi et j'ai atterri directement sur le glacier, au pied de notre ligne d'ascension. Pour un vol en wingsuit, il s'agissait de l'un des plus grands dénivelés au monde, offrant 2 minutes et 40 secondes de vol, suivies d'environ 2 minutes sous la voile. Le saut fut absolument magnifique.

Conclusion d'une aventure exceptionnelle : Une vie d'expérience couronnée de succès

En somme, cette aventure a été une combinaison parfaite : une paroi immense, une ascension de plusieurs jours et une nouvelle zone de saut à couper le souffle. Une chance inouïe, fruit d'une vie entière dédiée à l'expérience et à la passion de l'alpinisme et du BASE jump.

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